RARE UNE DES PREMIÈRES LIP NAUTIC SKI PLONGÉE SUPER COMPRESSOR REVISÉE GARANTIE

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Description

HISTOIRE DE LA MANUFACTURE

Créée par Ernest Lipmann en 1896, la marque Lip connaît un essor important au début du siècle. Après la guerre de 40, Fred Lip s’oriente vers la recherche dans le domaine des montres électroniques. Elle sera l’une des premières à proposer des montres à quartz et à faire appel à des designers comme Roger Tallon. Après de nombreux problèmes sociaux dans les années 70, on peut dire qu’elle est le fleuron du patrimoine horloger Français

Sa fille : « Écrire (…) est toujours un exercice périlleux surtout quand il s’agit de son propre père et Fred Lip était mon père.
C’était un homme hors du commun, un original, un visionnaire. Son comportement pour le moins inhabituel et son caractère tranché lui ont attiré de solides inimitiés et beaucoup d’incompréhensions mais ils lui ont aussi acquis des amitiés profondes et assuré la fidélité de bon nombre de gens de toutes sortes, employés, artistes, scientifiques, alpinistes, industriels et même hommes politiques.
Comme tous les hommes, il avait des défauts et a fait des erreurs mais, comme peu d’hommes, il a réussi des choses extraordinaires et a eu des passions dévorantes.
Parmi toutes ses passions, en dehors de celle, dévorante, qu’il me vouait, à moi sa fille unique, il y a eu la montagne et les voitures rapides et, surtout, celle qu’il a toujours entretenue pour la société Lip, cette société qu’il a retrouvée ruinée au lendemain de la guerre. Pourtant, contre vents et marées, grâce à son travail, son courage et son imagination, il a réussi à en faire une grande société, connue et reconnue dans le monde entier, un symbole et un modèle de ce qu’aurait dû être une société horlogère. Il en a fait la société à qui l’horlogerie doit tant de choses qui semblent aujourd’hui, banales. Qui se souvient que la première chaîne de montage automatisée pour l’horlogerie, c’est lui ? Qui se souvient que la première montre-bracelet électrique, c’est encore lui ? Qui se souvient encore, c’est à Lip qu’on doit la première et sans doute la seule minuterie mécanique programmable pour satellite construite pour l’ESA ? Qui se souvient aussi qu’en 1929, Fred Lip était recordman du monde de vitesse à moto sur 5 & 10 km et 5 & 10 miles ? Sans doute plus personne !

Hélas, ce qu’on a appelé les évènements Lip et tout ce qui les a accompagnés, non seulement ont détruit la société qui portait son nom mais ont également laissé de lui une image qui ne correspond ni à la réalité de la société ni à la vérité de l’homme qu’il était.
Était-il, malgré ses erreurs, le dernier survivant de la race des industriels créateurs et pionniers tels qu’on en voyait tant au XIXè siecle ou un de ces visionnaires qui ont préparé le passage au XXIè siècle ? Nul ne peut le dire (…) ».

Toujours sous l’impulsion de Fred Lip, avec les recherches entreprises dès 1946, Lip lance la première montre électrique mondiale, baptisée « électronic ». Elle est présentée le 19 mars 1952. Elle sera commercialisée en décembre 1958. En 1966 Lip expose au salon de Bâle la première montre dame électrique du monde.

L’AVENTURE ÉLECTRIQUE, FRED LIP LE PRÉCURSEUR !

Il a confié en 1946 à son directeur technique Jean-Georges Laviolette, aidé de Paul Dargier de Saint-Vaulry jusqu’en 1955 puis de Jean Pommier, le soin de mener les recherches dans le domaine électrique, en collaboration avec la société américaine Elgin Watch Co. Ces recherches aboutissent à la présentation le 19 mars 1952 de la première montre électrique du monde (avec un calibre R 27), dont une version plus aboutie sera commercialisée à partir de 1958 (dans la foulée, le premier prototype de montre à quartz sera présenté en 1968, donnant naissance en 1975 à la première montre à quartz française de série).

LE R148 et R 184 :

Succédant en 1962 au R 27, trop coûteux et trop volumineux avec ses deux piles, le R 148 est un mouvement électromécanique conçu en deux ans par une équipe dirigée par Jean Georges Laviolette (qui le brevette pour Lip) et réunissant un ingénieur chronométrie (Jean Pommier), un dessinateur (Roland Guerber) et deux prototypistes mécaniciens (Jean Tortey et Jean Ubbiali). Il est remplacé à partir de 1967 par le R 184 (un R 148 muni d’un dateur), entré en production en 1964.

Ce mouvement électromécanique utilise une ébauche au calibre 11 1/2 lignes (26 mm), d’une hauteur maximum de 5,8 mm. Doté d’une seconde au centre directe, il bat avec une fréquence de 18 000 alternances/heure (2,5 Hz) et comporte deux amortisseurs de chocs Incabloc et 13 rubis synthétiques (leur nombre est indiqué avec la mention « unadjusted » qui permettait, dans le cas d’une exportation aux USA, une taxation réduite, plus faible que celle d’un chronomètre). Il est marqué R 148 dont il semble correspondre à la 3e évolution : laiton spécial horlogerie, diode rouge, pile tenue par une patte coudée fixée à l’aide d’une seule vis ; par sa platine circulaire dénuée d’échancrures. Il ressemble aussi au R 184, qui est le même mouvement (parfois appelé Datolip) doté d’un calendrier à guichet (même diamètre mais hauteur de 6,75 mm). Son principe de fonctionnement : la pile (1,5 V) fournit l’énergie électrique à une bobine qui transmet au balancier les impulsions magnétiques d’entretien, « à la manière d’un électro-aimant dont l’armature mobile serait le balancier et l’armature fixe le stator ». Le balancier (avec spiral en élinvar) est donc à la fois moteur et régulateur. Une seule impulsion étant transmise par oscillation (soit une toutes les deux alternances), le fonctionnement est similaire à celui d’un mouvement mécanique à échappement à coup perdu.

Les prix proposés à cette époque en faisaient une montre de luxe :

Modèles en or 1600 puis 1880 fr soit 2300 euros aujourd’hui

Modèles en acier : 600 puis 650 fr soit 800 euros aujourd’hui

On peut imaginer son porteur, riche PDG français, descendre de sa Citroën DS 19 noire, LIP electronic au poignet, pour embarquer sur le France ou dans une Caravelle en direction de l’Amérique.  Une sorte de vitrine technologique faisant la fierté de notre pays.

Certes ce calibre n’est pas esthétiquement beau, il n’a pas de belles décorations, cependant, c’est une pièce importante du patrimoine horloger français et même mondial qu’il faut conserver et apprécier.

S’il fallait lui trouver un équivalent aujourd’hui, je pense que le calibre SpringDrive de Seiko serait un bon candidat.

LA NAUTIC : PREMIÈRE MONTRE FRANÇAISE 100 % ÉTANCHE

L’appellation « Nautic » existe depuis 1938 chez LIP, des séries de modèles « I24 » des années 40 ou « Dauphine » des années 60 possèdent un cadran sur lequel ce sigle apparaît. Dès les années 60 Fred Lip cherche à produire une montre 100 % étanche. En 1967 la Nautic Ski (après “l’essai” de la Nautic à remontage manuel) 2 couronnes avec mouvement électrique étanche à 200 mètres remporte un succès inattendu.

Cette appellation, « Ski », provient du fait que Fred Lip skie parfaitement et que sa fille Muriel était membre de l’équipe de France féminine de ski Alpin de 50 à 56.

Cette montre est à 50 % française (le mouvement) et 50 % Suisse (le boîtier), elle est créée en association avec la célèbre fabrique de boîte à Bassecourt EPSA dans le Jura bernois.

Piquerez est une très ancienne fabrique de boîte, particulièrement renommée pour ses boîtes étanches. Depuis le début du XXe siècle elle n’a de cesse de perfectionner l’étanchéité de ses boîtes et des couronnes et a déposé un grand nombre de brevets sur le sujet. Dans les années 1960 Piquerez disposait d’une gamme de trois modèles de boîtes étanches baptisées « Compressor » : la Compressor munie du système à baïonnette sans vis dont est doté le chronographe Jet Graph d’Enicar ; la Compressor 2, boîte de forme fermée par 4 verrous à ressorts de compression ; et la Super Compressor à vis et ressorts de compression pour les montres de plongée. Il faut noter toutefois que le brevet de la boîte Compressor a été déposé dès 1953. Voici une palette de marques prestigieuses ayant utilisé des boîtiers de la fabrique Compressor : Enicar, IWC, Bulova, Hamilton, Omega, Longines, Lip, Universal, Tissot, Eterna, Jaeger Le Coultre, Zenith, Zodiac et tant d’autres.

DESCRIPTION ET CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Époque : fin des années 60, il s’agit là de la première série des Nautic Ski électromagnétique. On les reconnaît avec ses « premières » couronnes signées LIP et sur la lunette interne inscrite 15 – 30 – 45.

Boîtier : acier massif inoxydable avec fond vissée, signé Super Compressor à l’intérieur, en superbe état général.

Dimensions : largeur 36,2 mm hors remontoir, 43 mm à l’extrémité des anses et 13,9 mm d’épaisseur verre compris, modèle pour homme à cette époque mais aujourd’hui les dames adorent l’authenticité.

Verre : plexi, bombé, blindé, parfait, je l’ai remplacé lors de ma révision complète.

Cadran : En superbe état, noir, avec index en acier appliqué et aiguilles composés de matière luminescente, pour une excellente lisibilité de nuit. Une trotteuse centrale « lolipop » en forme d’éclair, typique des montres Lip électronique.

Lunette : « interne », noire, avec échelle de 0 à 60 pour les temps de plongée, tournante bi-directionnelle grâce à la couronne de remontoir à 2 heures.

Mouvement : Fred Lip écrit en 1963 à propos de ce calibre : « Concevoir une montre d’un mouvement particulier, passer des années à la mettre au point, se retenir de la lancer sur le marché jusqu’au jour où elle est exactement ce qu’on a voulu qu’elle soit, c’est passionnant ».

Mouvement électromagnétique, LIP R184, 13 rubis, antichocs, 18000 alt /heures et dateur. Révisé par mes soins, en parfait état de fonctionnement. Notez que ce sont des frais que vous n’aurez pas à faire sachant qu’une révision complète pour ce genre de montre coûte autour de 360 € chez un horloger (lorsque vous en trouvez qui connaît ces mouvements).

Bracelets : neuf d’époque, type “TROPIC”, parfaitement adapté à ce style de montre de plongée, il est de la même époque que la montre. C’est ce qui était monté sur les Nautic Ski en cette période sixteen. Il n’est pas signé TROPIC mais c’est exactement le même type de fabrication, en caoutchouc vulcanisé. 18 mm de large coté montre et 16 mm coté boucle, pour un poignet maximum de 21 cm. Prévu pour tous les types de poignet et s’ajuste facilement grâce aux trous du bracelet et à sa boucle.

Laissez-moi vous expliquer : si le caoutchouc naturel n’est pas mélangé à du soufre avant d’être chauffé, il devient cassant par temps froid, collant et nauséabond par temps chaud, pas idéal donc. Le caoutchouc “vulcanisé”, au contraire, assure endurance contre la fissuration, l’étirement, l’attraction de la poussière et résiste aux UV et à l’eau de mer. Un bracelet hydrophobe idéal pour la plongée qui équipe très rapidement les premières grandes plongeuses légendaires de l’époque. Rolex Submariner, Blancpain Fifty Fathoms et Jaeger LeCoultre Polaris, ou autre LIP Nautic Ski.

Observations : un garde-temps à collectionner qui prend de la valeur chaque année, un cadran merveilleux, un grand classique, et surtout, ce modèle est rare car il s’agit des premières Nautic Ski électromagnétique ! C’est une des premières montre électrique à l’échelle mondiale, plus besoin de la remonter, elle ne s’arrête jamais. En se remettant dans le contexte des années 60/70, c’est révolutionnaire pour les utilisateurs de montres classiques de cette époque, on pouvait poser sa montre plusieurs mois, en la reprenant elle était toujours à l’heure.